Depuis quelques années, le développement des réseaux sociaux facilite la formation de communautés de jeunes. Ce partage et cette diffusion à grande échelle peut apporter aux personnes en ayant besoin un soutien, une entraide, un remède contre la solitude. Il y a de nombreux groupes d’aide sur Internet, seulement il y aussi de groupes et des phénomènes bien à l’inverse. Les jeunes ont besoin de reconnaissance, de se sentir comme membre de quelque chose de plus grand qu’eux, et pour cela ils utilisent les réseaux sociaux. Sauf que certains utilisent cette faiblesse, cette fragilité de certaines personnes pour prendre le contrôle ou créer un divertissement.

Grâce aux réseaux sociaux, il y a un puissant engouement face à des tendances aussi absurdes que dangereuses. On voit alors l’apparition de défis à grande échelle prenant de plus en plus d’ampleur. Certaines sont inofensives et utilisées à bon escient comme le Ice Bucket Challenge, d’autres non comme le récent Ice Salt Challenge. Elles sont simplement stupides et sans but autre que celui du divertissement comme le NekNomination ou le A l’Eau ou au Resto. Il y a eu ces dernières années, une généralisation de ces défis, qui atteignent par les réseaux de plus en plus de personnes. Leur point commun ? Le besoin de reconnaissance.

«Ceux qui pratiquent ce “jeu” n’ont aucune idée qu’ils mettent leur corps et leur vie en danger. Ces paris, lancés sur les réseaux sociaux, ne cessent d’augmenter et deviennent de plus en plus violents avec les années. La plupart des jeunes croient qu’ils sont des “poules mouillées” s’ils ne les font pas». – l’anthropologue Yan Bour

Cependant je ne parlerais pas de ce genre de défis là dans ce billet, mais du fameux Blue Whale Challenge. Ce challenge russe qui se déploie en 50 étapes de plus en plus dangereuses, provient du réseau social VKtontakte, un équivalent de Facebook. Son nom provient de la légende comme quoi les baleines seraient capables de se suicider en s’échouant délibérément sur les plages, un nom en disant long sur le challenge. Les réseaux sociaux ont permis à ce challenge de s’étendre à travers le monde et a touché depuis un mois la France mais aussi d’autres pays d’Europe. Les premiers défis sont inofensifs comme dessiner une baleine, ou écrire « #I’m Whale » sur son mur. Puis ils deviennent de plus en plus sordides, inquiétants et dangereux en primant l’automutilation avec des défis de scarification comme se poignarder les mains avec des aiguilles, se couper les lèvres, etc. Les derniers promeuvent le mal-être, la dépression et le suicide comme écouter des chansons et regarder des vidéos dépressives en pleine nuit. Le dernier défi étant d’ailleurs fatal : «Jour 50 : saute du toit ou pends-toi».

La plupart des défis restent encore inconnus, le groupe étant bien trop organisé et strict pour pouvoir être démantelé pour le moment. Ce challenge utilise la fragilité psychique de personnes, souvent jeunes et féminines, pour les pousser au suicide. Plus il y a de suicides, plus il y a d’adeptes, plus le groupe devient puissant. Il est d’ailleurs intouchable car il est bien trop étendu et immatériel. De plus, il y a très peu de preuves directes contre le groupe qui le relit aux suicides, mais de très nombreux suicides à travers la Russie seraient causés par ce challenge, 138 seraient recensés ces 6 derniers. En France, de plus en plus de jeunes seraient également entrés dans le challenge, certains suicides étant déjà été comptabilisés.

Ce défi est en France « largement décentralisé. On assiste à la récupération d’un concept par n’importe qui. Ce n’est plus une base hiérarchisée avec une personne qui a créé le jeu et qui serait mise derrière les verrous, comme en Russie ». – François Rigaud

Les jeunes sont séduits par ce challenge car cela donne un sens à leur vie dans laquelle ils se sentent mal, cela y met du danger, de l’action, mais aussi et surtout, ils font partie d’un groupe dont ils essaient d’être membres à part entière.

« J’ai envie de tester, voir jusqu’où je peux aller » Le dernier défi « A vrai dire je m’en fiche, je ne me sens pas très bien dans ma vie. » Jeune de Vkontakte, 15 ans, contacté anonymement par Rue89

Ce genre de groupe existe depuis longtemps sur Internet et existaient même bien avant les médias socio-numériques, mais ils sont maintenant de plus en plus étendus. Les réseaux sociaux cachent alors une facette bien sombre, celle de la manipulation. L’utilisation des médias socio-numériques est détournée par certaines personnes. Certains brimes ces médias directement, pour ma part je ne pense pas que ce soit à mettre sur le dos des réseaux sociaux car après ils ne sont qu’un média, un outil de diffusion comme bien d’autres, sauf qu’il est moins contrôlable et bien plus puissant. Ils sont utilisés pour véhiculer toute sorte de messages et d’idéologies, bienfaisants comme néfastes.

D’ailleurs les réseaux sociaux permettent aussi de contrer, d’alerter face à ce genre de phénomène dangereux en vogue. Facebook et Instagram ont mis en place des dispositifs de recherches de mots-clés ou de signalisation de publications suicidaires permettant de contacter les personnes concernées et de leur proposer de l’aide. Des personnes se mobilisent contre ce genre de challenge et de groupe à travers les réseaux sociaux comme des Youtubers (des figures emblématiques, écoutées et importantes dans la vie des milléniaux), mais aussi d’autres phénomènes comme le Pink Whale Challenge, ou plus simplement des vidéos, des messages, etc.

Tout ce phénomène de groupe de la mort, qui a de plus en plus de pouvoir chaque jour, est d’ailleurs représenté (et dénoncé) dans le film Nerve, de Henry Joost et Ariel Schulman, sorti en 2016, provenant lui-même d’un roman sorti en 2013. C’est un teen movie ayant donc pour cible les personnes les plus concernées par cet engouement. Ce genre de phénomène est donc de moins en moins tu et de plus en médiatisé. Tout cela semble absurde que des jeunes se laissent véritablement embarquer dedans mais c’est pourtant bien réel, bien plus que ce que l’on pense et il faut en parler pour essayer de stopper ces phénomènes. L’expansion de ce genre de phénomènes et de challenge marque non seulement l’apogée de la manipulation via les réseaux sociaux mais aussi un mal-être de plus en plus puissant et profond chez les jeunes.

Pour en savoir plus sur l’origine de ce challenge morbide, jetez un coup d’œil à ça.

 

Vorte bien-aimée Sissi.

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